Juin 2026

Dans ce nouvel article concernant notre nouveau projet VETgirl formation continue vétérinaire en ligne blog, Dr Amy PikeDans cet ouvrage, DACVB se penche sur le problème fréquent et souvent multifactoriel de l'incontinence urinaire chez les petits animaux. Le Dr Pike y présente une approche systématique de ces cas, intégrant l'évaluation médicale et comportementale, la modification de l'environnement et l'éducation du propriétaire.

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Troubles de l'élimination féline : une approche pratique pour les vétérinaires

Par Dr. Amy Pike, DACVB


L'incontinence urinaire est l'un des problèmes comportementaux les plus fréquents en médecine vétérinaire des petits animaux et constitue une cause majeure d'abandon. Ces cas sont souvent multifactoriels et nécessitent une approche systématique intégrant l'évaluation et le traitement médicaux, la modification de l'environnement, ainsi que l'évaluation et le traitement comportementaux.

Étape 1 : Identifier le coupable

Dans les foyers avec plusieurs chats, l'identification précise du chat fautif est cruciale. Une erreur d'identification peut entraîner un traitement inadapté et aggraver les relations entre les chats. Des outils objectifs, comme la vidéosurveillance à détection de mouvement, peuvent améliorer la précision du diagnostic, car l'isolement ou le confinement peuvent être stressants et ne permettent pas toujours d'identifier le chat fautif.

Étape 2 : Éliminer les causes médicales

Tout changement de comportement nécessite un examen médical approfondi. Il est impératif d'exclure toute pathologie médicale avant d'attribuer le problème au comportement.

Bilan diagnostique recommandé

  • Numération formule sanguine (NFS) et biochimie sérique
  • Analyse d'urine +/- culture
  • T4 totale et T4 libre (par dialyse d'équilibre)
  • examen physique complet
  • Évaluation orthopédique et neurologique
  • Imagerie (radiographies +/- échographie abdominale selon les indications)

Diagnostics différentiels médicaux courants

  • Affections affectant la fréquence, l'urgence ou le volume des mictions (par exemple, cystite, maladie rénale, endocrinopathies)
    • Inclut également la cystite idiopathique féline (CIF).
  • Troubles affectant la mobilité ou l'accès (par exemple, l'arthrose, l'obésité)

Le traitement des troubles médicaux est impératif. Même après leur guérison, des réactions émotionnelles conditionnées négatives peuvent persister et nécessiter une intervention comportementale. Une thérapie comportementale doit alors être mise en œuvre pour une guérison complète.

Étape 3 : Caractérisation du comportement

Différencier marquage urinaire à partir de élimination inappropriée Il est essentiel de faire la distinction entre le marquage urinaire et l'élimination inappropriée, car les motivations sous-jacentes, et par conséquent les traitements, peuvent différer.

 

Étape 4 : Gestion de la litière

La gestion de la litière demeure la base du traitement comportemental. La Feline Veterinary Medical Association (FVMA ; anciennement American Association of Feline Practitioners) et l'International Society of Feline Medicine (ISFM) recommandent les directives suivantes concernant la litière :

• Une litière par chat dans le foyer, plus une supplémentaire (À noter: Cela peut sous-estimer le nombre de boîtes nécessaires en cas de conflit entre chats, de maison à plusieurs étages ou de préférences félines spécifiques.
• Plusieurs emplacements accessibles (c.-à-d. les bacs à litière doivent être répartis dans toute la maison, et non regroupés au même endroit, et situés dans des zones comportant plusieurs entrées et sorties dans la mesure du possible).
• Substrats non parfumés, préférés des chats (À noter: La plupart des chats préfèrent la litière agglomérante d'argile, mais certains peuvent préférer les granulés, les copeaux de bois, une serviette ou un tapis. Un test de préférence pour différents types de litière peut être nécessaire pour déterminer les préférences de chaque chat.
• Ramassage quotidien, voire plusieurs fois par jour, des déchets, nettoyage complet du bac à litière et remplacement de la litière au moins une fois par mois.

Étape 5 : Modification et enrichissement de l'environnement

Le stress environnemental peut jouer un rôle important dans les troubles du comportement et les affections des voies urinaires basses chez le chat. En 2013, l'AAFP et l'ISFM ont introduit le concept des « Cinq piliers d'un environnement sain pour le chat » afin de garantir le meilleur environnement possible à nos patients félins.

Étape 6 : Modification du comportement

Les interventions de dressage comportemental seront adaptées à chaque cas et devront cibler les motivations sous-jacentes. Le recours à un consultant/éducateur comportementaliste félin certifié ou à un vétérinaire comportementaliste peut s'avérer nécessaire pour une modification comportementale appropriée.

Étape 7 : Phéromones et nutraceutiques

Les phéromones et les compléments alimentaires peuvent contribuer à réduire les comportements liés au stress :

  • Les analogues de phéromones faciales (fraction F3) peuvent favoriser la familiarité avec l'environnement et réduire le stress.
  • Il a été démontré que les phéromones apaisantes maternelles réduisent les conflits entre chats.
  • Les compléments nutraceutiques peuvent contribuer à réduire le stress associé aux facteurs de stress environnementaux.
    • Alpha-casozépine
    • L-théanine
    • Bifidobacterium longum

Ces produits peuvent constituer un complément utile pour réduire le stress, bien que les données probantes soient variables. Ils ne doivent pas se substituer aux interventions principales ni à la prise en charge pharmacologique lorsque cela s'avère nécessaire.

Étape 8 : Alimentation et nutrition

La thérapie diététique, à l'aide de formules nutritionnelles prescrites, joue un rôle de soutien dans les cas médicaux et comportementaux.

Étape 9 : Intervention pharmacologique

Un traitement pharmacologique est indiqué en cas d'anxiété importante, de conflits entre chats ou de troubles d'élimination réfractaires. Pour un résultat optimal, il est toujours recommandé d'associer la médication à une modification de l'environnement et du comportement.

Étape 10 : Surveiller et modifier

La prise en charge des troubles de l'élimination féline est évolutive. Un suivi régulier est essentiel pour :

  • Évaluer la réponse
  • Ajuster les interventions
  • S'attaquer aux facteurs de stress nouveaux ou évolutifs

Les clients doivent être préparés à des modifications itératives du plan. Les plans de traitement doivent être ajustés en fonction de la réponse, de l'observance et des changements de l'environnement.

Étape 11 : Gérer les attentes des clients

Une communication claire et la formation des clients sont essentielles pour maintenir la conformité et éviter toute frustration.

  • L'amélioration est souvent progressive, et non immédiate.
  • Des rechutes peuvent survenir, notamment en cas de changements environnementaux.
  • Les troubles d'élimination féline et les cas de conflits entre chats traités de manière appropriée peuvent montrer une amélioration, bien qu'une résolution complète ne soit pas garantie.

Le fait de fixer des attentes réalistes améliore l'adhésion au traitement et préserve la relation vétérinaire-client.

Conclusion

Les troubles de l'élimination chez le chat nécessitent une approche globale et multimodale, fondée sur l'élimination des causes médicales, la gestion de la litière et de l'environnement, le traitement comportemental et l'éducation du propriétaire. La réussite repose non seulement sur l'identification de la cause, mais aussi sur la mise en œuvre de plans de traitement durables et personnalisés. En abordant ces cas de manière systématique, les vétérinaires peuvent améliorer significativement les résultats tout en renforçant le lien entre l'humain et l'animal.

Abréviations
AAFP : Association américaine des praticiens félins
NFS : numération formule sanguine complète
FVMA : Association vétérinaire féline (anciennement l’Association américaine des praticiens félins)
FIC : cystite idiopathique féline
ISFM : Société internationale de médecine féline
T4 : thyroxine

Ressources
• Buffington CA, Westropp JL, Chew DJ, et al. Évaluation clinique de la modification environnementale multimodale (MEMO) dans la prise en charge des chats atteints de cystite idiopathique. J Feline Med Surg. 2006;8(4):261-8.
• Buffington CA. Cystite idiopathique chez les chats domestiques – au-delà des voies urinaires inférieures. J Vet Stagiaire Med. 2011;25(4):784-96.
• Ellis SL, Rodan I, Carney HC, et al. Lignes directrices de l'AAFP et de l'ISFM sur les besoins environnementaux des chats. J Médecine et Chirurgie Féline 2013;15(3):219-30.
• Horwitz DF, Mills DS. Manuel de médecine comportementale canine et féline de la BSAVA. 2e éd. Association vétérinaire britannique des petits animaux ; 2009.
• Landsberg G, Radosta L, Ackerman L, éd. Problèmes de comportement chez le chien et le chat. Elsevier Sciences de la santé; 2023.
• Mills DS, Redgate SE, Landsberg GM. Une méta-analyse des études sur les traitements du marquage urinaire chez le chat. PLoS One. 2011; 6 (4): e18448.
• Feline VMA. Consulté le 16 avril 2026. https://catvets.com/
• Société internationale de médecine féline. Ressources de l'ISFM. Consulté le 16 avril 2026. https://fabclinicians.org/isfm-resources/


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